Autour de l'athérosclérose, deux recommandations d'hygiène de vie reviennent régulièrement : une alimentation riche en végétaux vivants et une activité physique régulière. Elles ne remplacent jamais un suivi cardiologique, et aucun aliment ne traite cette maladie. C'est une approche que je transmets depuis plus de trente ans en tant que naturopathe.
Précisons d'emblée une chose. On ne « débouche » pas une artère avec un jus de légumes. En revanche, les facteurs de risque sont bien connus : l'inflammation, l'oxydation du cholestérol, la tension, le tabac, le stress. Et l'hygiène de vie, alimentation comprise, fait partie de ce que recommandent les médecins pour les limiter.
Qu'est-ce que l'athérosclérose ?
L'athérosclérose est une maladie des artères caractérisée par la formation de plaques d'athérome - un dépôt de graisses, de cholestérol et d'autres substances - sur la paroi interne des artères. Ces plaques rétrécissent le calibre du vaisseau, diminuent le flux sanguin et augmentent le risque d'angine de poitrine, d'infarctus ou d'AVC. Elle se développe lentement, souvent pendant des années, sans aucun signe.
Un mot sur le vocabulaire, parce qu'on les confond tout le temps. L'artériosclérose désigne le durcissement et la perte de souplesse des artères avec l'âge. L'athérosclérose, elle, est une forme particulière : c'est le dépôt de plaques graisseuses à l'intérieur. La seconde aggrave la première.
Pourquoi cela se forme-t-il ? Au départ, il y a une petite lésion de l'endothélium, cette fine couche qui tapisse l'intérieur des artères. Le LDL oxydé s'y infiltre, l'inflammation s'installe, les cellules immunitaires accourent. Et la plaque grandit. Comprendre ce mécanisme aide à saisir pourquoi les chercheurs s'intéressent autant à l'alimentation.
Symptômes et causes de l'athérosclérose
Le plus troublant avec l'athérosclérose, c'est son silence. Pendant longtemps, aucun symptôme. Les signes n'apparaissent que lorsque l'artère est déjà fortement rétrécie, et ils dépendent de la zone touchée.
Selon la localisation des artères concernées :
- Artères coronaires (cœur) : douleur thoracique à l'effort (angine de poitrine), essoufflement, et dans les cas graves, infarctus du myocarde.
- Artères des jambes : douleur dans le mollet à la marche qui oblige à s'arrêter (on parle d'artérite des membres inférieurs), jambes froides, plaies qui cicatrisent mal.
- Artères carotides (cou, cerveau) : vertiges, troubles passagers de la vision ou de la parole, risque d'accident vasculaire cérébral.
Quant aux causes, elles sont bien identifiées. Et la bonne nouvelle, c'est que la plupart dépendent de nous :
- Un excès de cholestérol LDL et un déséquilibre des graisses alimentaires ;
- Le tabac, qui abîme directement l'endothélium ;
- L'hypertension artérielle et le diabète ;
- La sédentarité, le surpoids, le stress chronique ;
- Une alimentation industrielle, riche en sucres et en aliments ultra-transformés.
Sur ce dernier point, une vaste étude de l'Inserm a confirmé le lien entre aliments ultra-transformés et santé cardiovasculaire. Franchement, c'est l'un des leviers les plus simples à actionner.
Se débarrasser de l'athérosclérose : que propose la médecine ?
Pour rétablir le flux dans une artère obstruée, la médecine officielle dispose de plusieurs outils :
- La thrombolyse, un traitement médicamenteux qui dissout les caillots ;
- Le pontage aorto-coronarien, une chirurgie qui contourne la zone rétrécie à l'aide d'un greffon ;
- L'angioplastie avec pose de stent.
Le stent est un petit ressort métallique de quelques millimètres, introduit dans l'artère pour la maintenir ouverte, telle une armature. Il accompagne aujourd'hui la grande majorité des angioplasties. Ce sont des techniques qui sauvent des vies, et c'est tant mieux.

Les questions que posent ces traitements
Ceci dit, on a le droit de réfléchir. Ces prouesses techniques réparent l'artère, mais traitent-elles vraiment la cause ? Tant que les facteurs qui ont créé la plaque restent là, le terrain, lui, ne change pas.
Se faire opérer ne rend pas des vaisseaux neufs, souples et intacts. C'est une réparation.
Attention, je ne dis pas « c'est de votre faute ». Ce discours culpabilisant, on l'a tous entendu, et il est injuste. Le milieu familial, l'éducation, le matraquage publicitaire, le manque de temps : les circonstances atténuantes existent. Mais une chose reste vraie : notre corps répond à des lois biologiques. Et ces lois, elles, ne plaident pas.
Quel que soit le trouble, l'hygiène de vie compte : le tabac, les carences et les excès alimentaires pèsent dans la balance. Les corriger fait partie d'une démarche globale, en complément du suivi médical.
Plaques d'athérome : ce que les études observent
Soyons honnêtes sur les mots. Faire disparaître complètement une plaque déjà installée reste difficile, et la science est prudente sur ce point. En revanche, des études ont observé, chez des patients suivis médicalement, une stabilisation des plaques, un ralentissement de leur progression, voire parfois une réduction lorsque les facteurs de risque (cholestérol, tension, tabac) sont maîtrisés, le plus souvent grâce aux traitements associés à l'hygiène de vie.
Voici les habitudes alimentaires que je propose, à intégrer dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée :
- Des jus de légumes frais à l'extracteur (carottes, famille des choux, verdures).
- Une source d'oméga-3 végétaux : une cuillère à café d'huile de lin (environ 5 ml) chaque jour, toujours à froid, jamais chauffée.
Pourquoi l'huile de lin plutôt qu'une autre forme ? Parce qu'elle contient de l'acide alpha-linolénique, un oméga-3 qui contribue au maintien d'une cholestérolémie normale (avec un apport de 2 g par jour, soit environ une cuillère à café d'huile de lin). On en parle plus en détail dans notre guide des aliments riches en oméga-3.
Pour accompagner ces habitudes au quotidien, beaucoup de nos lecteurs gardent à portée de main notre huile de lin vierge bio (à conserver au frais). Un geste simple, à votre rythme.

