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Vous avez essayé les algues une fois, vous avez grimacé, et vous avez conclu que "c'est pas pour vous". Et si ce dégoût avait une explication scientifique aussi précise que le gène de la coriandre ? La réponse courte : oui, probablement. Environ 25 % de la population présente une hypersensibilité génétique aux composés amers et soufrés — ce qu'on appelle les "supertasters". Pour ces personnes, le goût iodé des algues n'est pas juste désagréable, il est franchement envahissant. Et ce n'est pas une question de mauvaise volonté. C'est de la biologie. La bonne nouvelle : une fois que vous comprenez ce qui se passe dans vos papilles et vos récepteurs olfactifs, vous pouvez choisir la bonne algue pour votre profil génétique, et changer votre rapport aux superaliments marins aux nombreux bienfaits en quelques semaines.
Ce que vous percevez dans les algues n'est pas de l'iode
Commençons par une révélation qui déstabilise à peu près tout le monde quand je la partage lors de mes ateliers : l'iode n'a pas de goût. Ni d'odeur, d'ailleurs. Pas aux concentrations que l'on trouve dans les algues alimentaires.
L'iode est inodore et sans goût — la vraie révélation
Quand vous dites "les algues ont un goût iodé", vous décrivez avec précision une sensation réelle dans votre bouche. Mais ce que vous percevez n'est pas l'iode lui-même. C'est une confusion de vocabulaire tellement répandue qu'elle est devenue la norme, y compris chez des professionnels de la nutrition.
L'iode est un oligo-élément minéral. Aux concentrations alimentaires, il est physiologiquement neutre au niveau gustatif et olfactif. Ce n'est tout simplement pas lui qui déclenche cette sensation marine, forte, parfois repoussante que l'on associe aux algues.
Alors pourquoi parle-t-on de "goût iodé" depuis des décennies ? Parce que les algues sont effectivement très riches en iode, et que l'association mentale s'est imposée dans le langage courant. Pour aller plus loin sur ce sujet, notre article sur les algues, l'iode et la thyroïde démystifie en détail cette relation.
Quels sont les vrais composés responsables du goût marin ?
Ce que vous sentez et goûtez dans les algues, ce sont principalement des composés organiques volatils :
- Le diméthylsulfure (DMS) — c'est le composé soufré principal, produit lors de la décomposition naturelle des algues. Certaines personnes le détectent à des concentrations inférieures à 33 nanogrammes par litre. Pour ces individus, la moindre effluence marine est immédiatement perçue. Pour d'autres, ce seuil est beaucoup plus élevé.
- Des terpènes et des phénols — responsables des notes végétales, herbacées ou légèrement amères selon les espèces.
- Des méthylmercaptans — d'autres composés soufrés présents à des degrés variables selon les algues et leur fraîcheur.
C'est exactement le même phénomène que "l'odeur de la mer" sur une plage. Vous ne sentez pas l'iode — vous sentez les composés organiques produits par la vie marine. Cette révélation a une conséquence pratique immédiate : puisque ce sont des composés organiques précis qui sont en jeu, certaines espèces d'algues en contiennent très peu. Et pour les personnes sensibles, choisir la bonne algue selon son profil gustatif génétique change tout.

Connaissez-vous le gène OR6A2, la coriandre et la génétique du goût ?
Si vous avez déjà entendu parler du "gène de la coriandre", vous comprenez intuitivement le principe. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici l'histoire — parce qu'elle est directement utile pour comprendre votre aversion au goût des algues.
Comment OR6A2 transforme la coriandre en savon pour 10-15 % des gens
En 2012, une étude conduite par des chercheurs de 23andMe (Eriksson et al., arXiv:1209.2096) a analysé les données génétiques de plus de 14 000 personnes pour comprendre pourquoi certains trouvent la coriandre délicieuse et d'autres la perçoivent comme du savon ou de la punaise. Le coupable identifié : un polymorphisme du gène OR6A2, localisé sur le chromosome 11. Chez les personnes portant la variante rs72921001 de ce gène — soit 10 à 15 % de la population — le récepteur olfactif correspondant est surexprimé et détecte avec une sensibilité extrême les aldéhydes présents dans la coriandre fraîche.
Ce n'est pas un défaut. C'est une variante génétique parfaitement fonctionnelle, probablement héritée d'une époque où cette sensibilité olfactive servait à détecter des aliments potentiellement dangereux. Le sujet est devenu viral en France — plus de 94 000 vues sur la vidéo du Parisien, couverture par France Inter, TF1, Futura Sciences. Et il ouvre une porte très directe vers la compréhension de l'aversion aux algues.
Des mécanismes similaires existent-ils pour les algues ?
C'est là qu'il faut être honnête avec vous — et cette honnêteté est, je crois, ce qui distingue un contenu d'autorité d'un contenu de vulgarisation approximatif.
À ce jour, aucune étude n'a identifié un gène goût amer algues spécifique ni un gène unique responsable de l'aversion goût algues. Il n'existe pas d'équivalent direct du gène OR6A2 pour les algues. En revanche, plusieurs familles de récepteurs génétiquement variables sont impliquées dans la perception des composés caractéristiques des algues :
- Les récepteurs olfactifs OR11H7 et OR1A1 sont associés à des seuils de détection très variables pour les composés soufrés. Les personnes portant certaines variantes de ces gènes peuvent détecter le DMS à des concentrations 50 à 100 fois inférieures à la moyenne.
- Les récepteurs TAS2R (famille des gènes du goût amer) jouent un rôle complémentaire — développé dans la section suivante.
Le parallèle OR6A2 algues coriandre est scientifiquement solide. Les mêmes familles de récepteurs sont impliquées, les mêmes mécanismes de variation génétique sont en jeu. Ce que l'on peut affirmer avec certitude : la sensibilité aux saveurs marines varie significativement d'une personne à l'autre, et cette variation a une base génétique robuste.
Cela rejoint d'ailleurs les conclusions passionnantes de l'épigénétique : nos gènes ne sont pas une fatalité. Notre article sur l'épigénétique et le contrôle de votre santé explore précisément ces mécanismes de plasticité biologique.
Supertasters, non-tasters : votre ADN programme votre rapport aux algues
Parallèlement à la dimension olfactive, il y a la dimension gustative — et là, les données scientifiques sont beaucoup plus solides.
Les gènes TAS2R et la perception du goût amer
La famille des gènes TAS2R code pour les récepteurs du goût amer. Nous en avons 25 différents. Parmi eux, TAS2R38 est l'un des mieux étudiés : ses variantes déterminent la sensibilité aux composés amers appelés PROP et PTC. Selon les travaux de Bartoshuk et al. (Journal of the American Dietetic Association, 1994) et les recherches de Tepper (Annual Review of Nutrition, 2008), les variantes de TAS2R38 divisent la population en trois groupes :
- Les non-tasters (environ 25 % de la population) : faible sensibilité au goût amer, perçoivent les algues comme simplement "marines" ou même savoureuses.
- Les medium-tasters (environ 50 %) : sensibilité intermédiaire, peuvent apprécier les algues avec un peu d'habitude.
- Les supertasters (environ 25 %) : hypersensibilité marquée aux composés amers, et souvent aussi aux composés soufrés. Ces personnes perçoivent 2 à 3 fois plus intensément les saveurs marines que la moyenne.
25 % de la population est hypersensible — êtes-vous un supertaster ?
Quelques signaux qui suggèrent que vous appartenez au groupe supertaster algues :
- Vous trouvez le café sans sucre franchement difficile à avaler.
- Le chocolat très noir (85 % et plus) vous semble vraiment amer, là où d'autres le trouvent délicieux.
- Vous avez toujours "senti" les aliments un peu fermentés, un peu trop mûrs, un peu trop marins, bien avant les autres à table.
- Les légumes crucifères crus vous ont longtemps paru presque repoussants.
Être supertaster n'est pas un défaut. C'est une caractéristique neurosensorielle. Il existe aussi une piste complémentaire à explorer : notre rapport aux saveurs intenses est largement conditionné par l'exposition aux aliments ultra-transformés et leur point de félicité. Un palais habitué aux saveurs industrielles hyper-dosées aura naturellement plus de mal à apprécier la subtilité marine des algues.
Profil gustatif et probabilité d'aversion aux algues
En croisant la sensibilité olfactive aux composés soufrés et la sensibilité gustative aux composés amers, on peut esquisser quatre profils :
- Profil 1 — faible sensibilité olfactive ET gustative : vous pouvez probablement manger n'importe quelle algue sans problème particulier.
- Profil 2 — sensibilité gustative élevée, sensibilité olfactive standard : vous apprécierez les algues au goût umami (nori, kombu) mais résisterez aux algues au profil soufré prononcé.
- Profil 3 — sensibilité olfactive élevée, sensibilité gustative standard : l'odeur vous pose plus de problème que le goût. Les algues séchées et bien conservées peuvent suffire.
- Profil 4 — double hypersensibilité : vous êtes probablement dans les 10-15 % de personnes pour qui l'intégration des algues demande vraiment une approche progressive et méthodique.
Toutes les algues ne se ressemblent pas — guide par profil aromatique
Je rencontre parfois des personnes qui me disent "ne pas manger d'algues". Ma première question est toujours la même : avez-vous essayé la dulse fraîche ? Dans neuf cas sur dix, la réponse est non.
Pour aller plus loin sur les vertus des algues comestibles — dulse, wakamé, laitue de mer, haricot de mer, notre guide complet détaille chaque profil aromatique en détail.
Les algues classées du plus doux au plus intense
En termes de goût des algues et d'accessibilité pour les personnes génétiquement sensibles :
- Nori — profil umami dominant (champignon séché, légèrement sucré), pratiquement aucun récepteur olfactif marin stimulé de façon intense. C'est l'algue de référence des débutants. Chez Biovie, vous la trouvez en feuilles brutes non grillées — une qualité que l'on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs. Pour découvrir tous ses atouts : les 7 bienfaits de l'algue nori. ⭐ Parfaite pour débutants.
- Spiruline en poudre — Retrouvez nos 12 astuces pour masquer le goût de la spiruline si vous n'appréciez pas le goût de la spiruline. ⭐ Sans goût marin.
- Dulse bio — légèrement marine, avec une note de noisette caractéristique. Profil soufré très modéré. ⭐⭐ Transition facile.
- Laitue de mer — profil herbacé, légèrement oseillé. Accessible pour les amateurs d'herbes aromatiques. ⭐⭐ Accessible.
- Wakamé bio — marine modérée, texture douce. ⭐⭐⭐ Pour les curieux.
- Haricot de mer — profil iodé plus prononcé. ⭐⭐⭐ Pour les initiés.
- Kombu bio — umami puissant et profond, idéal pour la cuisine (cuisson des légumineuses, bouillons). ⭐⭐⭐⭐ Pour les convertis.
En complément, pour comprendre comment apprécier le goût des algues de façon durable, l'expérience des centenaires japonais est éclairante : le régime Okinawa et les algues montre comment une exposition progressive peut transformer radicalement la perception de ces aliments.
Pour voir les algues fraîches en direct de Roscoff, et mieux comprendre d'où viennent ces saveurs marines :
Découvrez le tartare d'algues frais en direct des grandes marées de Roscoff
Par où commencer quand on est génétiquement sensible ?
Ma recommandation, après dix-huit ans de pratique : commencez par le sel d'algues. Une pincée sur vos plats habituels. Vous ne "mangez" pas d'algues — vous les introduisez comme un assaisonnement. C'est la méthode d'exposition la plus douce qui soit, et elle contourne presque totalement la résistance des supertasters.
L'étape suivante : une demi-feuille de nori autour de quelques tranches d'avocat et de riz. La nori n'a pas besoin d'être déconstruite — elle est simplement là, avec son umami, ses acides aminés, sa richesse minérale.

Peut-on rééduquer ses récepteurs gustatifs ?
La question que tout le monde pose, et qui mérite une réponse scientifique honnête plutôt qu'un optimisme commercial.
Ce que la science dit sur l'apprentissage gustatif
Oui. Les récepteurs gustatifs et olfactifs sont plastiques. Une exposition régulière en petites doses peut modifier leur seuil de sensibilité — c'est ce qu'on appelle la "familiarisation gustative", documentée notamment par Stevenson et al. (Appetite, 2010). Le mécanisme combine une désensibilisation progressive des récepteurs les plus sensibles et une réévaluation cognitive associant progressivement le stimulus à une expérience positive.
En réalité, c'est documenté de façon fascinante chez les Japonais. Au Japon, la consommation d'algues atteint en moyenne 10 kg par personne et par an. Les populations japonaises ont développé au fil des générations non seulement une adaptation culturelle, mais aussi des particularités microbiomiques et probablement une sélection de variants génétiques favorisant cette acceptabilité. Le marché mondial des algues alimentaires s'établit à 7,6 milliards de dollars en 2023, avec une croissance de 9,1 % par an (Grand View Research, 2024).
Comment débuter l'alimentation vivante sans se compliquer la vie — Épisode 4
Le protocole en 3 semaines pour apprivoiser les algues
Voici l'approche que je recommande systématiquement pour apprivoiser le goût des algues progressivement :
Semaine 1 — micro-exposition : paillettes d'algues sur vos plats habituels (1 à 2 pincées, 1 à 2 fois par jour). Objectif : habituer vos récepteurs olfactifs aux composés marins dans un contexte alimentaire sécurisant et familier.
Semaine 2 — première algue : choisissez la nori ou la dulse selon votre profil. Commencez par de très petites quantités : un quart de feuille de nori dans un sandwich, une pincée de dulse émiettée sur une salade. Associez systématiquement à des saveurs que vous aimez : avocat, citron, huile d'olive, sésame.
Semaine 3 — augmentation progressive : doublez les quantités. Explorez une deuxième algue si la première est bien acceptée. Essayez la nori !
Chez Biovie, nous rencontrons chaque semaine des personnes qui pensaient ne jamais pouvoir intégrer les algues dans leur alimentation — et qui, quelques semaines plus tard, en mettent sur leurs plats chaque jour. Henri, client Biovie, résume bien cette bascule dans son avis Google My Business :
"Les algues font partie maintenant de notre alimentation, elles éclatent en bouche que du bonheur… et saveur. Nous venons depuis 3 semaines de mettre en route le germoir. Il nous change la vie." — Henri A., ⭐⭐⭐⭐⭐ Google My Business
Et Hervé, qui vient tout juste de se lancer, témoigne sur Trustpilot :
"Je donne 5/5 car j'aime votre site qui propose de bons produits, notamment les algues. Je commence à en manger et elles sont très bonnes. J'ai pu goûter d'autres produits aux algues. Merci pour l'expédition rapide." — Hervé, ⭐⭐⭐⭐⭐ Trustpilot
Concrètement, Marinella C., qui commande chez Biovie depuis plusieurs années, note sur Trustpilot : "Le tartare d'algues que j'avais souvent hésité à acheter est une pure merveille." Trois profils différents, trois histoires d'apprivoisement différentes — mais le même point d'arrivée.
Les algues sont parmi les aliments les plus nutritionnellement denses qui existent. Votre génétique et alimentation goût expliquent peut-être votre réticence — elles ne vous condamnent pas à passer à côté de ces superaliments marins. L'essayer, c'est l'adopter !
FAQ — vos questions sur les algues et le goût
Pourquoi certaines personnes n'aiment vraiment pas les algues, même en essayant plusieurs fois ?
L'aversion persistante aux algues peut s'expliquer par la génétique : environ 25 % de la population possède une hypersensibilité aux composés amers et soufrés via des variantes des gènes TAS2R et des récepteurs olfactifs. Ces personnes, appelées "supertasters", perçoivent 2 à 3 fois plus intensément les saveurs marines. Ce n'est pas un manque d'effort — c'est de la biologie. La solution est de commencer par les algues les moins fortes en goût (nori, sel d'algues) et de progresser lentement.
Est-ce que l'aversion au goût des algues est génétique, comme pour la coriandre ?
Pour la coriandre, un gène spécifique (OR6A2) explique l'aversion chez 10 à 15 % des personnes. Pour les algues, aucune étude n'a encore identifié un gène unique, mais plusieurs familles de récepteurs — TAS2R pour le goût amer, récepteurs olfactifs pour les composés soufrés marins — jouent probablement un rôle similaire. La sensibilité aux saveurs marines varie significativement selon le bagage génétique de chacun.
Quelle algue choisir quand on n'aime pas le goût marin ou iodé ?
La nori est la première algue à essayer pour les personnes sensibles : son profil aromatique est dominé par l'umami (champignon séché) plutôt que par les composés soufrés. La dulse suit en deuxième position, avec une saveur de noisette marine. Pour les vrais supertasters, les comprimés de spiruline permettent de profiter des bienfaits nutritionnels sans aucun goût iodé algues.
Peut-on apprendre à aimer les algues si on les a toujours détestées ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Les récepteurs gustatifs sont plastiques : une exposition régulière en petites quantités reprogramme progressivement leur seuil de sensibilité, exactement comme cela a été observé pour la coriandre. La clé : choisir la bonne algue la moins forte en goût pour son profil génétique, commencer en micro-doses, et varier les préparations sur 3 semaines.
Pourquoi dit-on que les algues ont un goût "iodé" alors que l'iode est inodore ?
C'est une erreur de vocabulaire courante. L'iode n'a ni goût ni odeur aux concentrations alimentaires. Ce que nous percevons comme "iodé" dans les algues, ce sont des composés organiques : principalement le diméthylsulfure (DMS), des terpènes et des phénols. Vous ne sentez pas l'iode — vous sentez les composés organiques produits par la vie marine.
Mise à jour : avril 2026. Article validé par Éric Viard, fondateur de Biovie et ingénieur ISTOM, co-auteur de « Algues au quotidien » (Gallimard, 2024) — Meilleur livre de cuisine au monde, Gourmand Cookbook Awards 2025, et Meilleur livre de cuisine de France, Académie Nationale de Cuisine 2025.





