C'est une question qui revient souvent dans nos échanges avec vous : le café aux champignons, est-ce que c'est vraiment sans caféine ?
La réponse courte : le plus souvent, non. La plupart des cafés aux champignons du marché apportent entre 40 et 75 mg de caféine par tasse de 240 ml, contre environ 95 mg pour un café filtre. C'est nettement moins qu'un café classique, ce n'est pas zéro. La nuance vaut la peine d'être comprise, surtout si vous vous êtes tourné vers ces produits précisément pour réduire la caféine.
Ingénieur ISTOM de formation, j'ai passé ma vie professionnelle à lire des compositions et des procédés. Je vous propose donc de prendre le temps de comprendre : comment la caféine agit réellement sur le sommeil, ce que les études montrent précisément, ce que les champignons apportent, et comment lire une étiquette en connaissance de cause.
Ce que contient réellement un café aux champignons
Commençons par le plus simple : la composition.
Un café aux champignons est, dans la très grande majorité des cas, un café soluble auquel on a ajouté des poudres ou des extraits de champignons — le plus souvent crinière de lion, reishi, chaga ou cordyceps. La base reste donc du café, avec la caféine qui va avec.
Sur l'étiquette, cela se voit à un détail : la réglementation européenne impose de lister les ingrédients par ordre décroissant de poids. Quand « café instantané » ou « café soluble » apparaît en premier, c'est l'ingrédient le plus représenté du produit. Les champignons, cités ensuite, pèsent forcément moins.
Des mesures publiées début 2024 par un magazine grand public américain donnent des ordres de grandeur utiles : 48 mg de caféine par tasse pour l'une des marques les plus vendues, 50 mg pour une autre. On se situe donc autour de la moitié d'un café filtre. C'est une vraie réduction. Simplement, ce n'est pas une suppression.
Pourquoi les fabricants procèdent-ils ainsi ? La raison est technique, et elle est parfaitement compréhensible. Le café apporte deux choses très difficiles à remplacer : l'arôme de torréfaction, que le palais reconnaît immédiatement, et l'effet stimulant ressenti dès les premières minutes. Une boisson qui n'offre ni l'un ni l'autre déçoit à la première tasse. Partir d'une base de café est donc la solution la plus sûre pour un industriel.
Ce n'est pas une tromperie, c'est un compromis. Mais c'est un compromis qu'il vaut mieux connaître avant d'acheter, parce qu'il change complètement ce que le produit peut vous apporter.

Comment la caféine agit sur le sommeil, expliqué simplement
L'adénosine, ou le compteur de fatigue
Pour comprendre la caféine, il faut d'abord comprendre ce qu'elle vient perturber.
Dès l'instant où vous vous réveillez, votre cerveau fabrique et accumule une petite molécule appelée adénosine. Plus la journée avance, plus sa concentration monte. Imaginez un bassin qui se remplit lentement, heure après heure : c'est votre pression de sommeil. Quand le niveau devient suffisant, vous ressentez l'envie de dormir.
L'adénosine agit en se fixant sur des points d'accroche situés à la surface des neurones, qu'on appelle des récepteurs — en l'occurrence les récepteurs A1 et A2A. Voyez-les comme des serrures. Quand l'adénosine, la bonne clé, entre dans la serrure et la tourne, le message passe : il est temps de ralentir.
La caféine a une forme moléculaire suffisamment proche de celle de l'adénosine pour entrer dans la même serrure — mais sans la tourner. Elle occupe la place, et la vraie clé ne peut plus s'y loger. Le message de fatigue n'est plus transmis.
Il faut bien saisir ce que cela implique : la caféine ne réduit pas votre fatigue, elle vous empêche de la percevoir. Pendant ce temps, le bassin continue de se remplir. C'est un peu comme masquer le voyant d'huile sur un tableau de bord : le voyant s'éteint, le niveau d'huile, lui, ne change pas.
Des travaux publiés dans Nature Communications en 2021 — menés chez la souris, précisons-le — ont décrit finement comment cette accumulation d'adénosine enregistre l'historique de sommeil et dialogue avec l'horloge interne de l'organisme.
La demi-vie, et pourquoi elle diffère d'une personne à l'autre
Deuxième notion utile, et souvent mal comprise : la demi-vie.
La demi-vie d'une substance, c'est le temps que met l'organisme à en éliminer la moitié. Attention au piège : ce n'est pas le temps au bout duquel tout a disparu. Si la demi-vie est de 5 heures, il reste la moitié de la dose après 5 heures, le quart après 10 heures, le huitième après 15 heures. L'élimination se fait par paliers successifs, et la queue de courbe est longue.
Cette élimination repose principalement sur une enzyme du foie, le CYP1A2 — une sorte d'atelier de démontage moléculaire. Et selon la variante génétique dont vous héritez sur le gène qui la code, cet atelier travaille plus ou moins vite. On distingue des métaboliseurs rapides, intermédiaires et lents.
L'écart est considérable : la demi-vie de la caféine tourne autour de 2 à 4 heures chez les métaboliseurs rapides, et peut atteindre 6 à 8 heures voire davantage chez les lents.
C'est pour cette raison que le café de 16 h de votre collègue n'a rien à voir avec le vôtre. Si vous faites partie de ceux qui « ne supportent pas le café », ce n'est ni de la sensibilité imaginaire ni de la fragilité : c'est une différence de biochimie hépatique, parfaitement documentée.
Ce que les études montrent précisément — la dose et l'heure
Ici, je veux être précis, parce que c'est le point sur lequel beaucoup d'articles vont trop loin. Les données disponibles ne disent pas qu'une petite tasse le matin dégrade votre nuit. Elles disent quelque chose de plus nuancé, et de plus utile.
Un essai publié en 2025 dans la revue SLEEP a comparé deux doses — 100 mg et 400 mg de caféine — prises 12, 8 ou 4 heures avant le coucher, chez 23 participants. Le protocole mérite un mot d'explication, parce qu'il conditionne la solidité du résultat : il était randomisé (l'ordre des conditions tiré au sort), en double aveugle (ni le participant ni l'expérimentateur ne savaient qui recevait quoi) et croisé (chaque participant a testé toutes les conditions, et sert donc de témoin à lui-même). C'est le type de protocole le plus fiable pour ce genre de question.
Le résultat : à 100 mg, aucun effet significatif sur le sommeil, même lorsque la prise avait lieu 4 heures avant le coucher. À 400 mg en revanche, l'endormissement se décale et l'organisation des cycles de sommeil se modifie dès que la prise intervient dans les 12 heures précédant le coucher, avec un sommeil nettement plus fragmenté dans les 8 heures.
Autrement dit, et c'est important de le dire clairement : une tasse de café aux champignons à 50 mg prise le matin n'est très probablement pas la cause de vos nuits difficiles.
L'heure joue tout autant que la dose. L'essai de Drake et ses collègues, publié en 2013 dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, avait montré qu'une dose de 400 mg prise 6 heures avant le coucher fait perdre plus d'une heure de sommeil total. Le détail le plus frappant de cette étude : les participants ne s'en rendaient pas compte. Leur sommeil, mesuré objectivement, s'était dégradé ; leur perception, elle, n'avait rien signalé.
Enfin, pour avoir une vue d'ensemble, la méta-analyse de Gardiner et ses collègues, parue en 2023 dans Sleep Medicine Reviews, a rassemblé 24 études sur le sujet. Une méta-analyse consiste à regrouper les résultats de plusieurs travaux pour dégager une tendance plus robuste que chacun pris isolément. Les moyennes obtenues : 45 minutes de sommeil total en moins, 7 % d'efficacité de sommeil perdue, 9 minutes de plus pour s'endormir, 12 minutes de réveils nocturnes supplémentaires et environ 11 minutes de sommeil profond en moins. Avec un repère très parlant : chaque heure supplémentaire entre la dernière tasse et le coucher permet de récupérer environ 2,8 minutes de sommeil.
Traduit en ressenti, ces minutes ne donnent pas une nuit blanche. Elles donnent le réveil un peu pâteux, le café du matin qui devient indispensable, et cette impression de ne jamais totalement récupérer.
Pour situer les repères officiels, l'EFSA — l'autorité européenne de sécurité des aliments — considère que 400 mg par jour et 200 mg en une prise ne posent pas de problème de sécurité chez l'adulte en bonne santé. Ce sont des seuils de sécurité, pas des seuils de qualité de sommeil : les deux questions sont distinctes. Nous avons développé ailleurs pourquoi la caféine résiduelle abîme le sommeil lorsqu'elle s'accumule ou qu'elle arrive tard, ainsi que la demi-vie de la caféine et l'heure de la dernière tasse.
Ce qu'il faut retenir
- C'est le total de la journée qui compte, pas la tasse isolée. 50 mg le matin pèsent peu. 50 mg, plus un thé, plus un carré de chocolat, plus une seconde tasse à 16 h, c'est un autre calcul.
- L'heure de la dernière prise est le levier le plus efficace — et le plus simple à ajuster.
- Votre vitesse de métabolisation vous est propre. Si vous êtes métaboliseur lent, les moyennes publiées ne vous décrivent pas.
Si vous souhaitez une boisson chaude qui sorte complètement de cette équation, notre café de lupin bio torréfié se prépare exactement comme un café — machine espresso, cafetière italienne ou filtre — et ne contient pas de caféine.
Ce que font les champignons fonctionnels, et ce qu'ils ne font pas
Crinière de lion, cordyceps, reishi : où en est la recherche
Disons-le simplement : ces champignons m'intéressent beaucoup, et nous en proposons. Ils ont une histoire longue et une vraie richesse en composés étudiés, notamment les bêta-glucanes.
La crinière de lion (Hericium erinaceus) est celle sur laquelle les travaux sont les plus avancés. Une étude publiée dans Nutrients en novembre 2023, menée en double aveugle sur 41 adultes, a observé un temps de réaction plus rapide au test de Stroop 60 minutes après une dose unique de 1,8 g.
Deux mots d'explication, parce que ces détails donnent tout son sens au résultat. Le test de Stroop est un exercice classique de psychologie cognitive : on affiche le nom d'une couleur écrit dans une encre d'une autre couleur — le mot « rouge » imprimé en bleu — et l'on demande de nommer l'encre, pas le mot. Cela mesure la capacité à inhiber une réponse automatique, donc la vivacité mentale. Quant au p = 0,005 rapporté par les auteurs, il indique qu'il y aurait environ 5 chances sur 1 000 d'observer un tel écart si le produit n'avait aucun effet. C'est un résultat statistiquement solide.
Cela dit, les auteurs parlent d'une étude pilote, sur un effectif modeste. C'est un signal encourageant qui demande confirmation, et je préfère vous le présenter ainsi. Le point à retenir surtout, c'est la dose : 1,8 g. Nous y reviendrons, car c'est là que tout se joue. Nous avons détaillé ce que fait vraiment le lion's mane dans un article dédié.
Le cordyceps accompagne les populations des hauts plateaux tibétains depuis des siècles et occupe une place ancienne dans la pharmacopée chinoise, où on lui associe une notion d'endurance. La recherche moderne s'intéresse à son rôle dans le métabolisme énergétique. Ce qui le rend intéressant à mes yeux, c'est justement que l'énergie du cordyceps ne passe pas par un stimulant.
Le reishi, enfin, traverse les traditions d'Asie de l'Est depuis près de deux millénaires.
Le point commun de ces trois champignons est éclairant : leur logique n'est pas celle d'un stimulant. Ils n'appuient pas sur l'accélérateur, ils accompagnent un terrain. Dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée et d'un mode de vie sain, c'est une approche qui a du sens.
Pourquoi ils ne compensent pas la caféine
Voici maintenant un point que l'on comprend mieux une fois le mécanisme de l'adénosine en tête.
Aucun champignon fonctionnel n'accélère le travail du CYP1A2. Aucun ne libère les récepteurs occupés par la caféine. Aucun n'accélère l'élimination de la molécule.
Ce n'est pas une faiblesse : ce n'est simplement pas leur mode d'action. On ne demande pas à un champignon de jouer les antidotes — on lui demande d'accompagner un terrain sur la durée, et c'est ce qu'il fait. Associer les deux ne pose pas de problème en soi ; cela ne supprime simplement pas la caféine présente.
Une nuance utile, d'ailleurs : vous pouvez ressentir moins de nervosité avec un café aux champignons qu'avec un filtre, tout simplement parce que la dose est plus faible. Mais la nervosité ressentie le matin et l'effet sur la nuit sont deux choses différentes : l'effet nocturne dépend de la quantité encore présente dans le sang au moment du coucher, pas de la sensation du matin.
La question du dosage
Revenons au chiffre de l'étude : 1,8 g de crinière de lion.
Prenons maintenant un mélange du commerce et faisons le calcul ensemble. Beaucoup annoncent quelques centaines de milligrammes d'un « complexe de champignons » — un chiffre global, réparti sur 5 à 10 espèces. En divisant, chaque champignon représente quelques dizaines de milligrammes. On se situe alors deux ordres de grandeur en dessous de la dose étudiée, c'est-à-dire environ cent fois moins.
C'est un point qui me tient à cœur, parce qu'il produit un effet dommageable pour tout le monde : quelqu'un essaie un mélange très peu dosé, ne ressent rien, et en conclut que la crinière de lion ne sert à rien. Ce n'est pas l'ingrédient qui était en cause, c'est la quantité.
Deuxième élément à regarder, plus technique mais facile à comprendre : le produit contient-il un extrait titré ou de la biomasse mycélienne sur substrat ?
- Un extrait est obtenu en faisant infuser le champignon dans de l'eau chaude pour en solubiliser les composés, puis en concentrant le liquide. Un ratio « 10:1 » signifie qu'il a fallu 10 kg de champignon séché pour obtenir 1 kg d'extrait — un gramme d'extrait correspond donc à environ dix grammes de matière première.
- La biomasse mycélienne sur substrat désigne autre chose : on fait pousser le mycélium — la partie filamenteuse du champignon — sur un support céréalier, puis on broie et on vend l'ensemble. Le support en fait partie, si bien qu'une proportion notable de la poudre est de l'amidon.
Les deux formes sont légitimes et apparaissent toutes deux sous le mot « champignon » sur l'étiquette. Mais elles n'apportent pas la même quantité de matière active, et sans dose ni forme précisée, il est impossible de comparer deux produits entre eux.

Lire l'étiquette d'un café aux champignons : cinq repères
Pas besoin de compétences en chimie. Cinq réflexes, dans l'ordre, suffisent à situer un produit.
- Le premier ingrédient de la liste. Puisque l'ordre est décroissant, il vous dit ce que vous achetez majoritairement. « Café instantané » ou « café soluble » en tête signifie que la base est du café. Une boisson réellement sans caféine n'en contient pas du tout.
- La mention « décaféiné ». Elle indique une réduction importante, pas une suppression : un décaféiné n'est jamais à zéro caféine et en conserve une fraction résiduelle.
- La forme et la dose des champignons. Un ratio d'extraction affiché (10:1, par exemple) et une dose en milligrammes par portion vous donnent une information comparable. Un « complexe » global sans détail par espèce en donne beaucoup moins.
- Les autres sources de caféine. Guarana, extrait de thé vert, maté, cacao : ces ingrédients apportent de la caféine sans que le mot « café » figure sur l'emballage. Le guarana en est particulièrement concentré.
- Le total. Café soluble, guarana et thé vert dans un même produit s'additionnent — il vaut la peine d'en tenir compte dans le compte de la journée.
Trente secondes en rayon, ou trois clics sur une fiche produit, et vous savez à quoi vous avez affaire.
Ce que change une base sans caféine
Précisons d'emblée : je ne suggère à personne d'arrêter le café. Chacun son rythme, et un expresso partagé en terrasse est aussi un plaisir. Simplement, si vous cherchez une boisson qui vous affranchisse de la caféine, autant qu'elle le fasse réellement.
Vous n'avez plus à surveiller l'heure
C'est le bénéfice le plus direct, et celui que les données soutiennent le mieux. Puisque l'effet sur le sommeil dépend de la dose et du moment de la prise, une boisson sans caféine fait simplement disparaître l'équation. Plus de calcul mental à 16 h.
La courbe d'énergie s'aplanit
Le café dessine une courbe caractéristique : une montée, puis une redescente. Le fameux creux de milieu d'après-midi n'est pas une fatalité biologique — c'est la seconde moitié de la courbe du matin. Et le réflexe naturel face à ce creux est une deuxième tasse, qui redessine une montée, donc un creux, et ainsi de suite.
Sans caféine, la courbe s'aplanit. Moins haut le matin, très honnêtement : un café de lupin ne remplace pas un ristretto sur ce plan. Mais aussi moins bas l'après-midi. Sur une journée entière, beaucoup y gagnent en régularité ce qu'ils perdent en intensité.
Une tasse à 17 h redevient possible
C'est le test le plus simple : une tasse en fin d'après-midi, sans y réfléchir.
Notre Tikawa est un café de lupin bio, torréfié en Bavière chez notre partenaire Loffee, à partir de graines de lupin doux bleu — cent pour cent lupin, sans café, sans guarana, sans thé vert. Donc sans caféine. Il se prépare exactement comme un café, et le sachet fait 720 g.
Si vous souhaitez y associer des champignons, la logique devient beaucoup plus lisible : on part d'une base neutre et l'on maîtrise ce que l'on ajoute. Notre Pack Focus réunit le Tikawa Classique et un extrait concentré 10:1 de crinière de lion bio hydrosoluble. Vous mélangez les deux sachets une seule fois à réception et obtenez 792 g de mélange enrichi à 10 % en extrait. Rapporté aux repères vus plus haut, un gramme d'extrait 10:1 équivaut à environ 10 g de matière première — un ordre de grandeur très différent de quelques dizaines de milligrammes par espèce.
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Faut-il arrêter le café d'un coup ?
Non, et c'est probablement la principale raison des transitions qui échouent.
L'arrêt brutal provoque un syndrome de sevrage bien décrit : maux de tête à partir du deuxième jour, irritabilité, fatigue de rebond. Le mécanisme se comprend d'ailleurs très bien avec ce que nous avons vu : face à une présence quotidienne de caféine, le cerveau fabrique davantage de récepteurs à l'adénosine pour compenser. Quand la caféine disparaît d'un coup, ces récepteurs surnuméraires reçoivent le signal de fatigue en pleine puissance. L'ajustement prend quelques jours.
Ce n'est donc pas un échec, c'est une phase d'adaptation — mais au troisième matin de migraine, la plupart des gens rebranchent la cafetière, et on peut difficilement leur donner tort.
Ce qui fonctionne, c'est la transition progressive sur deux à trois semaines. On commence par remplacer la tasse la plus tardive de la journée, celle de 15 h ou 16 h, qui pèse le plus sur la nuit. On garde celle du matin. La semaine suivante, on remplace celle de la fin de matinée. Et ainsi de suite. Nous avons décrit la méthode complète pour arrêter le café sans souffrir.
Il n'y a pas d'échec, seulement des expériences. Une transition réussie en un mois vaut mieux qu'une transition abandonnée en une semaine.
Ma routine du matin
Un mot personnel, puisqu'il est légitime de savoir si celui qui écrit applique ce qu'il explique.
Je suis fils d'un père boulanger — Meilleur Ouvrier de France — et d'une mère néerlandaise. J'ai grandi au pain et au lait, avec les maladies d'enfance qui vont avec. À 53 ans, je suis en meilleure forme qu'à 20 ans. Rien de spectaculaire là-dedans : trente ans d'ajustements progressifs, et beaucoup d'étiquettes lues.
Ma formation d'ingénieur à l'ISTOM m'a laissé un réflexe tenace : avant d'adopter un produit, je cherche à savoir d'où vient la matière première, comment elle a été transformée, et à quelle dose elle est présente. Ce n'est pas de la méfiance, c'est de la curiosité méthodique — observer avant de conclure.
Concrètement, le matin, c'est un Tikawa latte :
- 1 dose de Tikawa préparée comme un café, en espresso ou en cafetière italienne ;
- 15 cl de lait de souchet maison, chauffé et mousseté — je fais tremper des souchets effilés une nuit, je mixe, je filtre au sac à lait végétal ; à défaut, un lait végétal du commerce convient très bien ;
- une pincée de cannelle.
Sur le choix du lait : je n'utilise pas d'avoine. L'amande ou la coco conviennent parfaitement en second choix, mais le souchet a ma préférence, pour son goût et parce qu'on peut le préparer soi-même.
Trente secondes de préparation, dans un geste que vous faites déjà. Et la même tasse reste possible à 17 h.

Café aux champignons : précautions et contre-indications
Pour la plupart des adultes en bonne santé, la caféine à dose modérée ne pose pas de difficulté. Certaines situations demandent toutefois une attention particulière.
- Grossesse et allaitement. L'EFSA recommande de ne pas dépasser 200 mg de caféine par jour, toutes sources confondues. Un café aux champignons caféiné entre dans ce total, au même titre qu'un café ou qu'un thé.
- Enfants et adolescents. L'EFSA estime les données insuffisantes pour fixer un seuil sûr, et l'ANSES recommande d'éviter les boissons contenant de la caféine dans cette tranche d'âge.
- Troubles anxieux, palpitations, troubles du rythme, hypertension non contrôlée. L'ANSES recommande également d'éviter la caféine chez les personnes présentant des troubles cardiovasculaires, psychiatriques ou neurologiques, ainsi que chez les personnes sensibles à la caféine.
- Reflux gastro-œsophagien. La caféine relâche le sphincter œsophagien inférieur, ce qui tend à accentuer les symptômes.
- Métabolisation lente. Si une tasse en fin de matinée suffit à perturber votre nuit, avancez l'heure de la dernière prise plutôt que d'ajuster la dose.
Du côté des champignons : le reishi est déconseillé en cas de traitement anticoagulant, et les personnes allergiques aux champignons doivent naturellement s'abstenir. En cas d'insuffisance rénale ou de traitement au long cours, demandez l'avis de votre médecin.
Dans tous les cas, cela s'entend dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée et d'un mode de vie sain.
Questions fréquentes sur le café aux champignons
Le café aux champignons contient-il de la caféine ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La plupart des mélanges reposent sur une base de café instantané et apportent 40 à 75 mg de caféine par tasse de 240 ml, contre environ 95 mg pour un café filtre. Seuls les produits construits sur une base sans café — chicorée, lupin, orge — en sont réellement dépourvus. Le premier ingrédient de la liste vous renseigne immédiatement.
Quels sont les bienfaits du café aux champignons ?
Deux aspects distincts. D'une part, une dose de caféine réduite par rapport à un café classique. D'autre part, l'apport des champignons : une étude parue dans Nutrients en 2023 a observé, chez 41 adultes recevant 1,8 g de crinière de lion, un temps de réaction plus rapide au test de Stroop à 60 minutes. La dose est déterminante : encore faut-il que le produit en apporte une quantité comparable.
Quels sont les inconvénients du café aux champignons ?
Principalement une caféine résiduelle souvent insoupçonnée, un dosage de champignons fréquemment très inférieur à celui des études, et un prix élevé pouvant atteindre 35 € le sachet. S'y ajoute le manque de précision sur la forme utilisée : extrait titré ou biomasse mycélienne sur substrat. Ce sont des questions de formulation, pas de qualité des champignons eux-mêmes.
Le café aux champignons empêche-t-il de dormir ?
Pas à lui seul, s'il est consommé le matin. Un essai randomisé publié dans SLEEP en 2025 n'a mis en évidence aucun effet significatif sur le sommeil à 100 mg de caféine, même 4 heures avant le coucher, alors qu'à 400 mg les perturbations apparaissent jusqu'à 12 heures avant. Ce sont le total quotidien, l'heure de la dernière prise et votre vitesse de métabolisation qui comptent.
Quel champignon peut remplacer le café ?
Aucun champignon ne remplace le café à lui seul : ils n'apportent ni l'arôme de torréfaction, ni la stimulation. Les alternatives sans caféine sont des bases végétales torréfiées — lupin, chicorée, orge. Les champignons fonctionnels viennent s'y ajouter.
Peut-on boire du café aux champignons tous les jours ?
Oui pour un adulte en bonne santé, en restant sous les repères de l'EFSA : 400 mg de caféine par jour et 200 mg par prise, toutes sources confondues. Si le produit est réellement sans caféine, la question ne se pose plus.
Quelles sont les contre-indications du café aux champignons ?
Grossesse et allaitement au-delà de 200 mg de caféine par jour, enfants et adolescents, troubles anxieux, troubles du rythme cardiaque, hypertension non contrôlée, reflux. Du côté des champignons : traitement anticoagulant pour le reishi, allergie aux champignons, insuffisance rénale. En cas de doute, parlez-en à un professionnel de santé.
Références
- Drake, C., Roehrs, T., Shambroom, J., Roth, T. (2013). "Caffeine effects on sleep taken 0, 3, or 6 hours before going to bed". Journal of Clinical Sleep Medicine, 9(11), 1195-1200. Randomised, double-blind, placebo-controlled study.
- Gardiner, C., Weakley, J., Burke, L.M., Roach, G.D., et al. (2023). "The effect of caffeine on subsequent sleep: a systematic review and meta-analysis". Sleep Medicine Reviews, 69, 101764. Systematic review and meta-analysis, 24 studies.
- Gardiner, C.L., et al. (2025). "Dose and timing effects of caffeine on subsequent sleep: a randomized clinical crossover trial". SLEEP, 48(4), zsae230. Placebo-controlled, double-blind, randomised crossover trial, 23 participants.
- EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (2015). "Scientific Opinion on the safety of caffeine". EFSA Journal, 13(5), 4102.
- ANSES. "Avis relatif à l'évaluation des risques liés à la consommation de boissons dites « énergisantes »". Saisine n° 2013-SA-0068.
- (2023). "The Acute and Chronic Effects of Lion's Mane Mushroom Supplementation on Cognitive Function, Stress and Mood in Young Adults: A Double-Blind, Parallel Groups, Pilot Study". Nutrients, 15(22), 4842. Pilot study, 41 adults.
- Jagannath, A., Varga, N., Dallmann, R., et al. (2021). "Adenosine integrates light and sleep signalling for the regulation of circadian timing in mice". Nature Communications, 12, 2113. Animal study.
- (2024). "Genetic susceptibility to caffeine intake and metabolism: a systematic review". Systematic review on CYP1A2 and caffeine metabolism.
Mise à jour : août 2026. Article rédigé et validé par Éric Viard, fondateur de Biovie depuis 2007 et ingénieur ISTOM, co-auteur de « Algues au quotidien » (Gallimard, 2024) — Meilleur livre de cuisine au monde, Gourmand Cookbook Awards 2025, et Meilleur livre de cuisine de France, Académie Nationale de Cuisine 2025.
Prisca T., nutrithérapeute : « Je recherche constamment des produits bio, éthiques et performants. Depuis plusieurs années je commande sur Biovie et c'est l'un des rares sites en lequel j'ai une confiance absolue. »
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant toute modification de votre alimentation ou de votre supplémentation. Dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée et d'un mode de vie sain.