Sommaire
- Le constat qui change tout
- Les chiffres qui parlent d'eux-mêmes
- Pourquoi ce sujet me tient à cœur
- Des solutions concrètes et accessibles
- Passer à l'action sans frustration
- Ce que vous pouvez retenir
- Questions fréquentes
- Références bibliographiques
Voici un article que j'ai tardé à écrire, malgré le fait qu'on m'interpelle très régulièrement sur le sujet depuis des années, voir on me prend souvent à partie quand j'évoque les voyages professionnels. Chez Biovie, nous parlons souvent d'alimentation vivante, de superaliments, de graines germées. Mais aujourd'hui, j'avais envie d'aborder un sujet qui fait débat et qui, franchement, mérite qu'on y regarde de plus près : l'impact environnemental de ce que nous mettons dans notre assiette matin, midi et soir 365 jours par an comparé à nos voyages en avion.
Je dois vous avouer quelque chose. Pendant longtemps, j'ai moi-même pensé que l'avion était LE grand coupable du réchauffement climatique. Les images de ces traînées blanches dans le ciel, les débats sur le "flight shaming" très actifs en Europe du Nord où j'ai vécu... Tout nous pousse à croire que c'est là que se joue la bataille pour le climat. Et puis, en creusant les chiffres, j'ai découvert une réalité qui m'a véritablement surpris. Alors, attachez vos ceintures...
Le constat qui change tout
Réduire sa consommation de viande à trois fois par semaine équivaut à éviter six vols court-courriers par an. Cette équivalence, validée par une étude scientifique publiée dans ScienceDirect en mars 2024 [1], révèle un fait que peu de personnes connaissent : l'élevage mondial émet 14,5% des gaz à effet de serre selon la FAO [2], soit près de six fois plus que l'aviation qui représente environ 2,5% des émissions de CO₂ directes [3].
Comment en sommes-nous arrivés là ? Et surtout, pourquoi personne n'en parle vraiment ?
En réalité, c'est une question de visibilité. Quand un avion décolle, tout le monde le voit. Les traînées de condensation marquent le ciel. C'est spectaculaire, c'est concret. Mais quand vous mangez un steak, qui pense au CO2, au méthane, 25 fois plus impactant que le simple C02 sur le réchauffement climatique, au CO2 et surtout, surtout au protoxyde d'azote, 293 fois plus impactant sur le réchauffement climatique que le CO2, trois molécules émises en abondance par les vaches, sans parler de la déforestation pour produire le soja qui les ont nourries, au transport, à la transformation ? C'est invisible. Et pourtant, l'impact est là, bien réel, et franchement considérable.
Mais des scientifiques ont réussi à rendre ces émissions visibles dans les champs et à montrer à quel point elles étaient nuisibles.
Prenez quelques minutes, non pas pour regarder tout ce documentaire passionnant commenté par Hugo Clément, mais juste cette simple expérience scientifique :
Les chiffres qui parlent d'eux-mêmes
Concrètement, voici ce que nous disent les données les plus récentes :
Un kilogramme de bœuf génère entre 28 et 35 kg de CO₂ équivalent selon la base ADEME Agribalyse mise à jour en novembre 2024 [4]. Pour vous donner une idée, c'est l'équivalent de 14 repas végétariens. Un seul repas avec du bœuf pollue autant que 14 repas à base de végétaux. C'est énorme.
L'étude de référence publiée dans Science par Poore et Nemecek en 2018 [5] a analysé près de 40 000 exploitations agricoles dans le monde et confirme ces ordres de grandeur : la viande de bœuf génère 60 kg de CO₂ équivalent par kilogramme en moyenne mondiale, avec une forte variabilité selon les modes d'élevage.
L'alimentation représente 22% de notre empreinte carbone individuelle en France selon l'INSEE [6]. C'est le deuxième poste après le logement, et devant les transports ! Et dans cette alimentation, ce sont les produits animaux qui pèsent le plus lourd. Le rapport du WWF France de 2022 [7] est sans appel : passer à un régime végétarien permettrait de réduire son empreinte alimentaire de 51%, et jusqu'à 65% pour un régime végétalien.
Et l'élevage français alors, me direz-vous ? C'est vrai qu'on entend souvent que nos vaches qui paissent dans les prés sont "différentes". En réalité, les données ADEME montrent que le bœuf français émet environ 35 kg de CO₂ équivalent par kilo [4], soit même légèrement plus que la moyenne mondiale. Les prairies stockent certes du carbone, mais pas suffisamment pour compenser les émissions de méthane des ruminants.
Quant à l'aviation, l'étude Lee et al. publiée dans Atmospheric Environment en 2021 [3] a calculé l'ensemble des effets climatiques de l'aviation (CO₂ + traînées de condensation + oxydes d'azote). Le résultat : environ 5,9% du forçage radiatif anthropique. Même avec cette estimation haute, l'élevage pèse deux à trois fois plus lourd sur le climat.

Pourquoi ce sujet me tient à cœur
Nous accompagnons la transition vers l'alimentation végétale ou vivante depuis maintenant 18 ans chez Biovie. Nous avons vu passer des milliers de personnes qui souhaitaient changer leur alimentation, pour leur santé d'abord, puis souvent pour des raisons environnementales ensuite.
Ce qui me frappe, c'est cette culpabilité mal placée que je rencontre régulièrement, et qu'on m'envoie aussi souvent à la figure. Des gens qui se flagellent parce qu'ils ont pris l'avion une fois dans l'année pour voir leur famille, alors qu'ils mangent de la viande deux fois par jour sans se poser de questions. Je ne dis pas qu'il faut prendre l'avion sans réfléchir, bien sûr que non. Mais il y a un déséquilibre dans notre perception collective.
Le Réseau Action Climat l'a calculé en 2024 [8] : réduire de 50% notre consommation de viande permettrait à la France d'atteindre ses objectifs climatiques. Pas de la supprimer complètement, juste de la réduire de moitié. C'est accessible à tous, c'est quotidien, et l'impact est considérable.
Des solutions concrètes et accessibles
Alors, par où commencer ? Franchement, c'est plus simple qu'on ne le pense.
L'idée n'est pas de devenir végétalien du jour au lendemain. La transition peut être progressive, et c'est même souvent plus durable de procéder ainsi. Trois repas avec de la viande par semaine au lieu de quatorze, c'est déjà un changement majeur pour la planète.
La question des protéines revient souvent. "Et mes protéines, où je les trouve ?" C'est une inquiétude légitime, mais qui repose sur des idées reçues. Les protéines végétales sont non seulement suffisantes, mais souvent de meilleure qualité nutritionnelle quand on sait les combiner. La spiruline bio, par exemple, contient entre 60 et 70% de protéines complètes [9], soit trois fois plus que la viande. Les légumineuses germées, les algues, les graines de chanvre... les alternatives ne manquent pas.
Et puis, il y a un aspect qu'on oublie souvent : les algues sont de véritables puits de carbone. En les consommant, non seulement vous bénéficiez de leurs qualités nutritionnelles remarquables, mais vous soutenez aussi une filière qui contribue positivement à l'environnement. C'est ce qu'on appelle un cercle vertueux. Nous avons d'ailleurs co-écrit avec Aurélie notre livre Algues au quotidien, primé meilleur livre de cuisine au monde aux Gourmand CookBook Awards 2025, justement pour démocratiser ces trésors nutritionnels.
Passer à l'action sans frustration
Le secret d'une transition réussie, c'est de ne pas se mettre la pression. Voici ce que j'ai observé après toutes ces années à accompagner des personnes dans leur changement alimentaire :
Commencez par un repas par jour. Un seul repas végétal par jour, c'est déjà 33% de réduction de votre impact alimentaire. Personne ne vous demande de tout changer d'un coup.
Découvrez de nouvelles saveurs. L'alimentation végétale, quand elle est bien préparée, est extraordinairement riche et gourmande. Ce n'est pas une punition, c'est une découverte. Avec Aurélie, nous avons publié Mes Semaines Crues justement pour montrer que manger végétal peut être un véritable plaisir quotidien.
Investissez dans la qualité. Un bon repas végétal avec des superaliments de qualité sera toujours plus satisfaisant qu'un repas fade et sans saveur. C'est aussi pour cela que nous sélectionnons nos produits avec autant de soin chez Biovie.
Équipez-vous pour réussir. Faire germer ses propres graines avec un germoir Easygreen, c'est produire localement des protéines végétales fraîches pour quelques centimes. Une habitude simple qui change tout.
Et surtout, ne culpabilisez pas si vous craquez parfois. L'important, c'est la tendance générale, pas la perfection absolue.
Ce que vous pouvez retenir
Voilà, je voulais partager ces réflexions avec vous parce que je pense sincèrement que nous avons, collectivement, le pouvoir de changer les choses. Et ce pouvoir se trouve dans notre assiette, trois fois par jour.
Arrêter l'avion une fois ne change pas grand-chose. Changer son assiette tous les jours change tout.
Ce n'est pas une question de perfection ou de radicalité. C'est une question de choix quotidiens, accessibles, qui mis bout à bout font une différence considérable. Plus de 60 000 clients nous font confiance chez Biovie pour les accompagner dans cette transition, et nous voyons chaque jour que c'est possible, que c'est même enthousiasmant.
Comme le dit si bien cette citation que nous aimons partager avec Aurélie : "Mettre plus de cru et de végétal dans son alimentation, ça s'apprend ! Chez Biovie, c'est notre spécialité depuis 20 ans."

Questions fréquentes
Est-ce que manger moins de viande aide vraiment le climat ?
Oui, et les chiffres sont sans appel. L'étude Sheridan et al. publiée dans ScienceDirect en 2024 [1] démontre que réduire sa consommation de viande à trois fois par semaine équivaut à éviter six vols court-courriers par an. Le WWF France [7] confirme qu'un régime végétarien réduit l'empreinte carbone alimentaire de 51%.
Combien de CO₂ émet un kilo de bœuf ?
Selon la base ADEME Agribalyse actualisée en novembre 2024 [4], un kilogramme de bœuf génère entre 28 et 35 kg de CO₂ équivalent. L'étude Poore & Nemecek publiée dans Science [5] indique une moyenne mondiale de 60 kg CO₂-eq/kg. C'est l'équivalent carbone de 14 repas végétariens.
L'élevage pollue-t-il vraiment plus que l'avion ?
Les données FAO [2] sont claires : l'élevage mondial représente 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, contre 2,5% pour le CO₂ direct de l'aviation. Même en comptant tous les effets de l'aviation (traînées, oxydes d'azote), on arrive à environ 5,9% selon l'étude Lee et al. de 2021 [3]. L'élevage pèse donc deux à six fois plus lourd.
Par où commencer pour réduire mon impact ?
Commencez simplement par un repas végétal par jour. Découvrez les alternatives protéiques végétales de qualité comme la spiruline ou les algues. La transition progressive est souvent plus durable qu'un changement radical.
Les protéines végétales sont-elles suffisantes ?
Absolument. La spiruline contient 60 à 70% de protéines complètes [9]. Les légumineuses, les algues, les graines germées offrent tous les acides aminés nécessaires. C'est une question de connaissance et de combinaisons, pas de carence.
Références bibliographiques
[1] Sheridan, H., McMahon, B.J., Carolan, K., et al. (2024). Comparing the carbon footprint of dietary choices: meat reduction versus aviation changes. ScienceDirect - Global Environmental Change, 84, 102795.
DOI: 10.1016/j.gloenvcha.2024.102795
[2] Gerber, P.J., Steinfeld, H., Henderson, B., et al. (2013). Tackling Climate Change Through Livestock: A Global Assessment of Emissions and Mitigation Opportunities. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), Rome.
Disponible sur : https://www.fao.org/3/i3437e/i3437e.pdf
[3] Lee, D.S., Fahey, D.W., Skowron, A., et al. (2021). The contribution of global aviation to anthropogenic climate forcing for 2000 to 2018. Atmospheric Environment, 244, 117834.
DOI: 10.1016/j.atmosenv.2020.117834
[4] ADEME (2024). Base de données Agribalyse v3.1.1 - Impacts environnementaux des produits agricoles et alimentaires. Agence de la transition écologique, mise à jour novembre 2024.
Disponible sur : https://agribalyse.ademe.fr/
[5] Poore, J. & Nemecek, T. (2018). Reducing food's environmental impacts through producers and consumers. Science, 360(6392), 987-992.
DOI: 10.1126/science.aaq0216
[6] INSEE (2023). Empreinte carbone de la France en 2022 : bilan et répartition par poste de consommation. Institut national de la statistique et des études économiques.
Disponible sur : https://www.insee.fr/fr/statistiques/
[7] WWF France (2022). Pour une alimentation bas carbone, saine et abordable : étude comparative des régimes alimentaires. World Wide Fund for Nature France.
Disponible sur : https://www.wwf.fr/sites/default/files/doc-2022-10/Rapport-Alimentation-WWF-2022.pdf
[8] Réseau Action Climat (2024). Comment l'alimentation peut contribuer à la neutralité carbone en France : scénarios et leviers d'action. Réseau Action Climat France, Paris.
Disponible sur : https://reseauactionclimat.org/
[9] Soni, R.A., Sudhakar, K. & Rana, R.S. (2017). Spirulina – From growth to nutritional product: A review. Trends in Food Science & Technology, 69, 157-171.
DOI: 10.1016/j.tifs.2017.09.010
Mise à jour : mars 2026. Article validé par Éric Viard, fondateur de Biovie et ingénieur ISTOM, co-auteur de « Algues au quotidien » (Gallimard, 2024) — Meilleur livre de cuisine au monde, Gourmand Cookbook Awards 2025, et Meilleur livre de cuisine de France, Académie Nationale de Cuisine 2025.






