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Cadmium dans l'alimentation : sources, risques, solutions 2026

Cadmium dans l'alimentation : sources, risques, solutions 2026

En février 2026, l'ANSES a publié un rapport qui a fait l'effet d'une bombe silencieuse. 47,6 % des adultes français âgés de 18 à 60 ans dépassent le seuil critique d'imprégnation au cadmium. Près d'une personne sur deux. Et pour 98 % d'entre eux, ce n'est ni la pollution industrielle, ni le tabac. C'est l'assiette.

Quand j'ai lu cette publication, j'ai fait ce que je fais toujours dans ces moments-là : je suis allé voir Aurélie en cuisine, on s'est assis, et on a évoqué la couverture presse de cette annonce en buvant une tisane. La conclusion qui revient à chaque page, c'est que le levier principal, ce n'est pas un médicament. C'est ce qu'on choisit de poser sur la planche à découper, le matin.

Je m'appelle Eric Viard. Je suis ingénieur ISTOM. J'ai fondé Biovie en 2007 et ça fait 33 ans que je suis végane — autant te dire que les questions de contamination des aliments, ça me suit depuis l'amphi. Avec Aurélie, on a passé six ans à écrire Algues au quotidien (Gallimard/Alternatives), un livre qui a reçu le Gourmand World Cookbook Award 2025 et le Prix de l'Académie Nationale de Cuisine 2025. Une bonne partie du chapitre 7 parle précisément des algues comme alliées face aux métaux lourds.

Cet article, c'est le guide complet que j'aurais voulu lire en 2026 : c'est quoi exactement le cadmium, pourquoi il s'installe pour 20 ans dans nos reins, d'où il vient vraiment, comment l'ANSES a mesuré la chose, où il se cache dans ton assiette, et surtout ce que tu peux faire dès demain matin sans culpabiliser, sans paniquer, sans faire les choses à moitié.

Le cadmium, c'est quoi exactement ?

Le cadmium, c'est un métal. Symbole chimique Cd, numéro atomique 48 dans le tableau de Mendeleïev — pour situer, juste en dessous du zinc, et ce détail va devenir important. C'est un élément naturel. Il est dans la croûte terrestre depuis le départ, en quantités infimes, de l'ordre de quelques microgrammes par kilo de roche.

Ce qui a changé, c'est nous. Depuis le 19e siècle, l'industrie a multiplié par dix sa présence dans la biosphère : extraction minière (souvent comme sous-produit du zinc), galvanisation, batteries Ni-Cd, pigments rouges-orange dans les plastiques et la peinture, et — c'est central pour ce qu'on va voir — les engrais phosphatés. Concrètement, ce qu'il fait quand il arrive dans un organisme vivant, c'est qu'il triche. Sa structure ionique ressemble tellement à celle du zinc et du calcium qu'il prend leur place dans certaines enzymes et certains transports cellulaires. Sauf qu'une fois installé, il ne fait pas le travail. Il bloque. C'est ce qu'on appelle un mimétisme ionique, et c'est ce qui explique sa toxicité sourde, lente, qui ne donne aucun symptôme avant des décennies.

Si tu veux une image qui marque, je te ramène à 1950. Au Japon, dans la vallée de la rivière Jinzū, des centaines de personnes — surtout des femmes ménopausées — développent une maladie atroce, baptisée itaï-itaï (littéralement « aïe-aïe ») parce que leurs os deviennent si fragiles qu'ils craquent au moindre mouvement. La cause : une mine de zinc en amont qui rejette du cadmium dans la rivière. Le riz irrigué en aval concentre le métal. Il faudra plus de vingt ans pour faire le lien. C'est l'acte de naissance moderne de la toxicologie du cadmium.

Voilà. Un métal banal de l'industrie, qui se faufile à la place du zinc et du calcium, et qui s'installe pour très longtemps. Maintenant on peut regarder pourquoi exactement il pose problème.

Le cadmium

Pourquoi le cadmium pose-t-il un vrai problème de santé ?

Une demi-vie de 10 à 20 ans dans les reins

C'est le premier chiffre qu'il faut intégrer pour comprendre. Quand tu absorbes du cadmium, par exemple via une portion de pain, ton corps n'en élimine qu'une fraction infime chaque jour. Le reste s'accumule. Sa demi-vie biologique est estimée entre 10 et 20 ans dans le tissu rénal (EFSA, 2009).

Concrètement, ce que cette durée recouvre dans la vie réelle : un microgramme de cadmium absorbé à 30 ans est encore là, à moitié, quand tu en as 45. C'est pour ça que les médecins du travail mesurent l'exposition au cadmium par décennies entières, pas par semaines. Ton corps tient un compteur, et il ne se remet pas à zéro.

30 % de la charge corporelle dans les reins

Sur tout le cadmium que tu accumules au fil de la vie, environ 30 % se concentre dans les reins, surtout dans le cortex rénal. Le reste se distribue entre foie, pancréas, os.

Ce que ça signifie au quotidien — quand un seuil est franchi : les tubules rénaux, les fines structures qui filtrent ton sang et fabriquent ton urine, commencent à laisser fuir des protéines (la β2-microglobuline, marqueur classique). C'est ce qu'on appelle une tubulopathie. Au début, c'est silencieux. Tu ne sens rien. Ton bilan sanguin est normal. C'est seulement après plusieurs années que la fonction rénale se dégrade — et à ce stade, le tissu rénal est déjà très abîmé.

Cancérogène certain depuis 1993

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC, OMS) a classé le cadmium et ses composés dans le Groupe 1 — cancérogène certain pour l'humain — depuis 1993 (IARC Monographs, Vol. 100C). C'est le niveau de preuve le plus élevé. Le même que l'amiante, le tabac, ou le benzène.

Au-delà du chiffre, voici ce que ça signifie dans la pratique : pour les expositions élevées (mineurs, ouvriers de l'industrie), les liens sont établis avec le cancer du poumon. Pour les expositions alimentaires plus faibles mais chroniques — celles qui te concernent et moi aussi —, la recherche évalue actuellement les liens avec les cancers du rein, du sein et de l'endomètre. Les études en cours, notamment au sein des cohortes EPIC européennes, affinent encore la question.

Le seuil EFSA : 2,5 µg/kg de poids corporel par semaine

Pour fixer un repère exploitable, l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments a établi en 2009 une Dose Hebdomadaire Tolérable de 2,5 microgrammes de cadmium par kilo de poids corporel par semaine (EFSA Journal, 2011).

Pour donner une perception concrète : pour quelqu'un qui pèse 70 kg, ça représente 175 microgrammes de cadmium par semaine maximum — soit 25 microgrammes par jour. C'est très peu. Une portion généreuse d'huîtres en apporte facilement le double, à elle seule. Une plaque de chocolat noir 85 %, environ un quart. La cohérence se joue sur la moyenne quotidienne, pas sur l'écart d'un repas. Ce repère, c'est ton tableau de bord.

D'où vient le cadmium dans l'assiette ?

Le sol, les engrais phosphatés, et le Maroc

C'est la racine du problème — au sens littéral. Le cadmium est naturellement présent dans certaines roches phosphatées qu'on extrait pour produire les engrais agricoles. Et ces roches, elles viennent en majorité d'une poignée de pays : Maroc (environ 70 % des réserves mondiales), Tunisie, Russie. Selon le gisement, la teneur en cadmium dans le phosphate brut va de quelques milligrammes par kilo à plus de 100 mg/kg.

Pour replacer ça concrètement : chaque sac d'engrais phosphaté épandu dans un champ apporte une petite dose de cadmium au sol. Année après année, ça s'accumule. Les sols agricoles européens en ont reçu plusieurs décennies. Aujourd'hui, le règlement européen sur les engrais (UE 2019/1009) plafonne la teneur autorisée, mais le stock dans les sols, lui, reste là.

C'est exactement ce que vient corriger en France la proposition de loi Labbé-Biteau du 14 avril 2026, qui vise à abaisser progressivement les seuils de cadmium dans les engrais commercialisés sur le territoire. Pour la première fois, on parle du problème à sa source agronomique. C'est lent, mais c'est la bonne direction.

De la plante à l'assiette : les hyperaccumulateurs

Toutes les plantes ne se comportent pas pareil face au cadmium présent dans le sol. Certaines l'ignorent. D'autres l'attirent comme un aimant. On appelle ces dernières les hyperaccumulateurs.

Dans la liste : le tournesol, le lin (graines et huile), le riz (surtout brun, parce que la couche externe concentre le métal), le blé (donc le pain), certaines brassicacées sauvages — paradoxalement. Le cacao aussi, dans les sols volcaniques d'Amérique latine particulièrement. Et le tabac, mais on y revient.

Ce que cette caractéristique change pour toi : deux pommes de terre qui te paraissent identiques peuvent contenir des concentrations de cadmium très différentes selon le terroir où elles ont poussé. C'est pour ça que les recommandations qui te disent juste « mange moins de chocolat » sont au mieux incomplètes — au pire, à côté de la plaque.

Le tabac, voie ignorée mais majeure pour les fumeurs

Un point que peu d'articles abordent franchement : le plant de tabac est lui-même un hyperaccumulateur. Et chaque cigarette fumée transfère du cadmium directement aux poumons, où l'absorption est bien plus efficace que par la voie digestive (autour de 50 % d'absorption pulmonaire contre 5 % digestif).

Pour donner une idée : un fumeur d'un paquet par jour double son imprégnation corporelle en cadmium par rapport à un non-fumeur exposé à la même alimentation (rapport ANSES 2026). Concrètement, ça veut dire qu'arrêter de fumer, c'est la mesure individuelle la plus puissante qui existe pour ce métal — bien avant n'importe quel changement alimentaire. Si tu fumes et que tu lis cet article, c'est le levier numéro un. Loin devant tous les autres.

Le rapport ANSES 2026 : 47,6 % des Français concernés

En février-mars 2026, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail a publié son évaluation actualisée de l'exposition au cadmium dans la population française adulte. Les chiffres viennent d'Esteban, une étude de biosurveillance qui a mesuré la cadmiurie (le cadmium dans les urines) sur un échantillon représentatif.

Le constat : 47,6 % des adultes français âgés de 18 à 60 ans présentent une cadmiurie supérieure à la valeur toxicologique de référence. Près d'un Français sur deux. Et ce n'est pas une mesure ponctuelle d'exposition récente — la cadmiurie reflète l'imprégnation chronique, accumulée sur des années.

Le deuxième chiffre, c'est celui qui change la conversation : chez les non-fumeurs, 98 % de cette imprégnation provient de l'alimentation. Pas de l'air, pas de l'eau, pas du contact cutané. De ce qu'on mange. C'est aussi simple et aussi décisif que ça.

Ce que ça veut dire dans le vécu, quand tu lis ces chiffres tranquillement le matin : l'expression « ça ne dépend pas de moi » ne tient plus. Pour 98 % de ton imprégnation, ça dépend exclusivement des choix que tu poses dans ta cuisine. C'est inconfortable, mais c'est aussi profondément libérateur — parce que ça veut dire qu'il y a un levier d'action immédiat, concret, qui n'attend ni l'industrie ni le législateur.

Dernière donnée du rapport, et la plus préoccupante : la tendance est à la hausse depuis 20 ans. On accumule plus aujourd'hui qu'on n'accumulait dans les années 2000. C'est l'inverse exact de ce que les politiques sanitaires devraient produire.

Les principales sources alimentaires dans l'assiette française

Céréales et pain : la source numéro 1

C'est le poste qui concentre l'essentiel de l'apport, et c'est la surprise pour beaucoup de lecteurs. Les céréales et produits de panification représentent entre 25 % et 35 % de l'exposition alimentaire totale au cadmium chez l'adulte français (étude EAT2, ANSES). Pas parce que la concentration est très élevée — elle est modeste, autour de 30 à 60 microgrammes par kilo —, mais parce que la consommation est massive. Pain, pâtes, semoule, gâteaux, biscottes : tout ça additionne.

Le blé est sensible au cadmium des sols. Le pain au levain n'y change pas grand-chose sur ce point précis — le levain joue sur la digestibilité et l'index glycémique, pas sur la teneur en métal du grain. Pour ce qui te concerne au quotidien : varier les céréales (sarrasin, millet, quinoa, qui sont moins hyperaccumulateurs) et privilégier des origines connues fait une différence mesurable sur l'année.

Pommes de terre, mollusques, abats

Le deuxième bloc de sources, par ordre d'apport décroissant :

  • Pommes de terre : 10 à 15 % de l'exposition. C'est la consommation, pas la concentration, qui pèse. Une bonne pomme de terre française non épluchée contient peu de cadmium, mais on en mange beaucoup.
  • Mollusques et crustacés : les huîtres, les moules, les coquilles Saint-Jacques sont des concentrateurs naturels. Quelques dizaines à quelques centaines de microgrammes par kilo. Une douzaine d'huîtres apporte facilement la moitié de la dose hebdomadaire EFSA d'un coup.
  • Abats, surtout les rognons : les reins de bœuf, de porc, de veau accumulent — comme les nôtres — le cadmium tout au long de la vie de l'animal. Concentration parfois supérieure à 1 mg/kg. À consommer rarement, et à éviter pour les femmes enceintes et les enfants.

Le chocolat noir : un faux gros problème

Je sais que tu attends ce paragraphe. Depuis 2018, les articles alarmistes se multiplient sur le cadmium dans le chocolat noir, surtout les grands pourcentages. Voici la réalité chiffrée.

Oui, le cacao d'Amérique latine (Pérou, Équateur, Bolivie) est souvent plus chargé en cadmium que celui d'Afrique de l'Ouest, à cause des sols volcaniques. Oui, le chocolat 85 % en contient mécaniquement plus que le 70 %, qui en contient plus que le 50 %. Mais la part globale du chocolat dans l'exposition au cadmium des Français reste autour de 2 à 3 %, selon les données ANSES.

Concrètement : si tu manges deux carrés de chocolat noir 70 % par jour, le cadmium apporté est négligeable face à celui de ton pain. Si tu te mets à dévorer une plaque entière de 85 % tous les jours, là on en reparle. Mais paniquer sur le chocolat tout en mangeant trois sandwiches par jour, c'est se tromper de combat — et passer à côté du vrai sujet.

Les hyperaccumulateurs cachés : tournesol, lin, riz brun, épinards

Voici la liste à laquelle peu d'articles font justice :

  • Graines de tournesol : un hyperaccumulateur reconnu. Si tu en consommes beaucoup au quotidien dans tes salades, l'apport monte vite.
  • Graines de lin et huile de lin : même famille, même comportement. La graine est plus problématique que l'huile.
  • Riz brun (complet) : la couche externe (son) concentre le métal. Le riz blanc en contient moins, mais bien sûr aussi moins de micronutriments. Le compromis se joue sur l'origine : les riz d'Asie du Sud-Est (Cambodge, Thaïlande) sont en général plus chargés que ceux de Camargue française ou d'Italie du Nord.
  • Épinards et oxalis : moindre impact, mais à connaître si tu en fais ta base verte quotidienne.

Les principales sources alimentaires dans l'assiette française

Les alliés alimentaires : ce que la science met en lumière

Cette section décrit des effets observés dans des études scientifiques. Aucune des recommandations qui suivent ne constitue une promesse thérapeutique. La meilleure stratégie face au cadmium reste de limiter son apport, dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée et d'un mode de vie sain.

Les algues brunes : alginates et fucoïdanes

C'est sur ce terrain que j'ai passé beaucoup de mes années de pratique. Les algues brunes (wakamé, kombu, dulse, kelp) contiennent deux classes de molécules très étudiées pour leur affinité avec les métaux lourds : les alginates (polysaccharides de la paroi cellulaire) et les fucoïdanes (polysaccharides sulfatés).

Plusieurs études in vitro et sur modèle animal ont montré que les alginates se lient au cadmium dans la lumière intestinale et réduisent son absorption. Concrètement, ce qui se passe : la molécule d'alginate forme un complexe avec l'ion cadmium qui n'est plus absorbable par la muqueuse intestinale, donc qui repart dans les selles plutôt que d'entrer dans la circulation sanguine. Ce mécanisme est documenté depuis les années 1960 — il a été utilisé en médecine d'urgence pour les contaminations radioactives.

Pour replacer ça dans ton quotidien : intégrer 1 à 3 grammes d'algue brune séchée par jour (par exemple un morceau de kombu de la taille d'un timbre dans le bouillon, ou une cuillère à café de wakamé réhydraté dans une salade) reste une approche simple, documentée, et qui ne demande aucun appareillage.

Les brassicacées germées : sulforaphane et voie Nrf2

Le deuxième pilier, c'est la famille des brassicacées germées : graines germées de brocoli, de radis, de moutarde, de chou kale. Quand on les fait germer, leur teneur en sulforaphane (et précurseurs) explose littéralement — jusqu'à 50 à 100 fois plus que dans la plante mature. Le sulforaphane active une voie cellulaire appelée Nrf2, qui pilote l'expression de plusieurs enzymes de défense, dont la glutathion-S-transférase, impliquée dans la conjugaison et l'élimination de divers composés toxiques.

Ce que ça change dans la perception du repas : ajouter une poignée de graines germées de brocoli dans une assiette le midi, ce n'est pas un geste de superfood. C'est un soutien fin d'un système enzymatique que ton corps possède déjà — mais qu'il a besoin de mobiliser.

J'ai conçu le germoir EasyGreen précisément pour ça : avoir des graines germées fraîches à la maison, tous les jours, sans appareillage compliqué, sans rinçage trois fois par jour. Tu mets les graines, tu reviens trois jours plus tard. Concrètement, pour quelqu'un qui veut intégrer les brassicacées germées dans sa routine sans charge mentale, c'est l'outil le plus accessible que je connaisse.

Les antagonistes nutritionnels : zinc, sélénium, fer, calcium

Souviens-toi du mimétisme ionique du cadmium avec le zinc et le calcium. C'est là que ça devient intéressant : un statut nutritionnel correct en zinc, sélénium, fer et calcium réduit l'absorption intestinale du cadmium, parce que les transporteurs cellulaires sont déjà occupés par les minéraux légitimes.

C'est très différent d'une « cure détox ». C'est juste un terrain nutritionnel solide. Concrètement : graines de courge (zinc), noix du Brésil (sélénium, 1 par jour suffit), légumineuses (fer), tahini et amandes (calcium végétal). Rien d'exotique. Rien de coûteux. Juste un fond d'assiette dense.

Les antioxydants : vitamine C, vitamine E, polyphénols

Dernier pilier, plus général : les antioxydants alimentaires soutiennent la réponse cellulaire au stress oxydatif induit par le cadmium dans les tissus où il s'accumule (rein, foie). Légumes colorés, fruits rouges, thé vert, herbes aromatiques fraîches. Ce n'est pas spectaculaire en photo Instagram, mais c'est cumulatif sur une vie.

Ce que disent les clients Biovie

« Je commande sur Biovie depuis des années, mes algues fraîches pour faire mon tartare d'algues, les feuilles de Nori pour mes sushis, le plasma marin, mes ferments à yaourt et fromages végétaux, et plein d'autres délicieux produits. J'ai toujours été enchantée de la qualité des produits et du service. »
— Florence D., avis Google 5/5

« Je commande mes produits chez Biovie depuis quelques temps et je suis toujours satisfaite pour l'excellent rapport qualité/prix en plus de la qualité du service offert par l'équipe : réactivité, professionnalisme. Une équipe engagée. […] Les graines germées ont un bon rendement, le germoir EasyGreen rend la germination un vrai jeu d'enfant. »
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Que faire concrètement, dès demain ?

Voici les cinq leviers, classés par impact réel, du plus puissant au plus fin. Si tu ne dois en retenir que trois, prends les trois premiers.

1. Si tu fumes, arrête. C'est de loin la mesure individuelle la plus puissante face au cadmium. Doubler son imprégnation sur 20 ans par voie pulmonaire, aucun ajustement alimentaire ne le compense. Si l'arrêt total te paraît hors d'atteinte aujourd'hui, divise par deux pour commencer. Tu y reviendras.

2. Varie les céréales et regarde l'origine du pain. Sors du blé monoculture. Intègre sarrasin, millet, quinoa, petit épeautre. Pour le pain, privilégie les pains au levain de farines variées issues de filières françaises ou bio courtes. Tu ne supprimes rien — tu remplaces une partie.

3. Mets une algue brune dans le bouillon, deux à trois fois par semaine. Un morceau de kombu (la taille d'un timbre, vraiment) dans la cocotte pendant la cuisson d'une soupe ou d'un riz. Ça parfume légèrement, ça apporte les alginates, et ça devient une habitude invisible au bout de quinze jours. Pour notre part, on conseille d'aller plus loin, je te parle de tout cela dans notre podcast Algues au quotidien.

4. Ajoute une poignée de graines germées de brassicacées trois fois par semaine. Brocoli, radis, moutarde. Sur une salade, dans un wrap, dans une soupe crue ou cuite. 30 secondes au montage de l'assiette. C'est tout.

5. Soigne ton statut zinc, sélénium, fer, calcium végétal. Pas de complexe multivitaminé en première intention. De vrais aliments : graines de courge, noix du Brésil (une seule par jour suffit pour le sélénium), légumineuses germées, tahini, amandes. Si tu suspectes un déficit, un dosage sanguin avec ton médecin coûte 20 euros et règle la question.

Et un mot de plus, parce qu'il faut le dire : il n'existe pas de « cure détox cadmium miracle ». Aucune algue, aucune plante, aucun protocole ne va « extraire » le cadmium déjà installé dans tes reins par magie. Le seul levier réel, c'est de réduire l'apport et de bien soutenir le terrain — nous y reviendrons dans un article à venir. La patience joue pour toi : un microgramme non absorbé aujourd'hui, c'est un microgramme qui ne sera plus là dans 15 ans.

FAQ : tes questions sur le cadmium

Quel aliment contient le plus de cadmium ?

En concentration brute, ce sont les abats (rognons, foie) et certains mollusques (huîtres, moules), qui peuvent dépasser le milligramme par kilo. En contribution réelle à ton exposition quotidienne en revanche, ce sont les céréales et le pain qui arrivent largement en tête (25-35 % de l'apport total chez l'adulte français), suivis des pommes de terre (10-15 %). C'est la combinaison concentration × quantité consommée qui compte.

Comment éliminer le cadmium dans le corps ?

Soyons clairs : le cadmium déjà accumulé dans les reins ne s'élimine pas rapidement, sa demi-vie biologique est de 10 à 20 ans. Il n'existe pas, à ce jour, de « détox cadmium » validée. En revanche, plusieurs leviers réduisent l'absorption de nouvel apport (alginates des algues brunes, statut nutritionnel correct en zinc/sélénium/fer/calcium) et soutiennent les défenses cellulaires (sulforaphane des brassicacées germées). La voie réaliste, c'est de réduire l'entrée et de soigner le terrain — pas de chercher à « purger » ce qui est déjà installé.

Comment éviter le cadmium dans l'alimentation ?

Cinq actions par ordre d'impact : si tu fumes, arrête (mesure n°1) ; varie les céréales au-delà du blé ; intègre une algue brune au bouillon 2 à 3 fois par semaine ; ajoute des graines germées de brassicacées plusieurs fois par semaine ; soigne ton statut en zinc, sélénium, fer et calcium. Aucune de ces actions n'élimine le cadmium déjà présent, mais toutes réduisent l'accumulation future.

Quel pain manger pour éviter le cadmium ?

Privilégie les pains au levain à base de farines variées (petit épeautre, sarrasin, seigle, mélange) issus de filières françaises ou bio courtes. Le blé en monoculture conventionnelle est le plus chargé. Le pain blanc industriel n'est pas une bonne alternative — moins de cadmium peut-être, mais aussi moins de fibres, de minéraux, et un index glycémique élevé. La diversification reste la meilleure stratégie.

Le café est-il riche en cadmium ?

Non, le café n'est pas une source significative de cadmium dans le régime alimentaire courant. Le grain de café contient des traces, mais l'infusion ne transfère qu'une fraction infime de ces traces dans la tasse. Sa contribution à l'exposition totale est négligeable — bien en dessous de 1 %. Aucune raison de modifier ta consommation de café pour cette raison.

Pourquoi du cadmium dans le chocolat ?

Le cacaoyer pousse souvent dans des sols volcaniques d'Amérique latine (Pérou, Équateur, Bolivie) qui sont naturellement plus riches en cadmium. La fève de cacao absorbe ce métal et le concentre. Plus le pourcentage de cacao est élevé dans la tablette (70, 80, 85 %), plus la teneur en cadmium est élevée. Mais la contribution globale du chocolat à l'exposition alimentaire des Français reste autour de 2-3 % — modeste face aux céréales (25-35 %). Pas de panique chocolat, donc, sauf consommation très massive et exclusivement de cacaos d'Amérique du Sud à haut pourcentage.

Pourquoi du cadmium dans les engrais ?

Les engrais phosphatés sont fabriqués à partir de roches phosphatées extraites principalement du Maroc (qui détient environ 70 % des réserves mondiales), de Tunisie et de Russie. Ces roches contiennent naturellement du cadmium en quantité variable. Le règlement européen UE 2019/1009 plafonne désormais la teneur autorisée dans les engrais commercialisés, mais les sols agricoles européens ont reçu des décennies d'apports avant ce plafonnement. La proposition de loi française Labbé-Biteau du 14 avril 2026 vise à durcir encore ces seuils sur le territoire national.

Comment connaître son taux de cadmium ?

La mesure la plus utilisée est la cadmiurie (cadmium dans les urines), qui reflète l'imprégnation chronique. Elle se prescrit par un médecin, sur prescription, dans un laboratoire d'analyses médicales. Coût : généralement entre 25 et 50 euros, non remboursé en routine sauf indication médicale particulière (exposition professionnelle, troubles rénaux explorés). Pour la plupart des gens, le dosage n'est pas indispensable — adopter les mesures alimentaires de prévention est l'approche pragmatique. Pour ceux qui veulent un repère, parles-en avec ton médecin traitant.

Pour conclure

47,6 % de Français concernés, 98 % de l'imprégnation d'origine alimentaire, une demi-vie de 10 à 20 ans dans les reins, et une tendance haussière depuis 20 ans. Ces chiffres ne sont pas anxiogènes — ils sont actionnables. Pour 98 % du problème, c'est ta cuisine qui pilote.

Et ce qui est rassurant, c'est que les leviers ne demandent ni budget exceptionnel, ni équipement de laboratoire. Diversifier les céréales. Mettre un timbre de kombu dans le bouillon. Faire pousser des graines germées de brocoli sur le plan de travail. Soigner le statut zinc-sélénium-fer-calcium avec de vrais aliments. Et — pour ceux qui sont concernés — arrêter de fumer.

Si tu veux explorer le sujet plus en profondeur, on a sourcé chez Biovie les algues brunes que j'utilise moi-même à la maison depuis 2009 (kombu, wakamé, dulse), les graines à germer brassicacées en lot avec le germoir EasyGreen, et la chlorella en poudre qui peut compléter le dispositif. Tout ça en filières courtes traçables, et avec une cuvée annuelle de chlorella que nous testons systématiquement avant mise en rayon.

Avec Aurélie, on a consacré le chapitre 7 d'Algues au quotidien à l'usage culinaire et nutritionnel des algues brunes — si tu veux le contexte historique, les méthodes de cuisine traditionnelles d'Asie et de Bretagne, et les recettes du quotidien, le livre va bien plus loin que ce que je peux dire ici.

Références

  1. ANSES (2026). « Cadmium: take action immediately at the source of soil contamination ». Report, February 2026.
  2. EFSA Panel on Contaminants in the Food Chain (2009). « Cadmium in food — Scientific opinion of the Panel on Contaminants in the Food Chain ». EFSA Journal, 980, 1-139. DOI: 10.2903/j.efsa.2009.980
  3. EFSA (2011). « Statement on tolerable weekly intake for cadmium ». EFSA Journal, 9(2):1975.
  4. IARC (2012). « Cadmium and cadmium compounds ». IARC Monographs on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, Volume 100C.
  5. ANSES (2026). « What is cadmium and how can we reduce our exposure to it? ». General information page, ANSES.
  6. ANSES — CIQUAL (2026). « French food composition table — Cadmium content ».

Mise à jour : juin 2026. Article validé par Éric Viard, fondateur de Biovie et ingénieur ISTOM, co-auteur de « Algues au quotidien » (Gallimard, 2024) — Meilleur livre de cuisine au monde, Gourmand Cookbook Awards 2025, et Meilleur livre de cuisine de France, Académie Nationale de Cuisine 2025.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant toute modification significative de votre alimentation ou supplémentation, en particulier en cas de grossesse, d'allaitement, de traitement médical en cours, ou pour les enfants.

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